Les fascias sont des membranes fibro-élastiques (appelées tissu conjonctif) qui enveloppent et relient toutes les structures anatomiques du corps. Il existe des fascias superficiels et des fascias profonds. Chaque organe, chaque os, chaque articulation, chaque muscle est « enrubanné » par un fascia qui, en même temps, l’isole et le relie au reste.
Ils sont indispensables à une forme de cohérence. Reliés entre eux un peu comme les mailles serrées d’un tricot, les fascias stabilisent donc le corps dans toutes les postures, statiques ou dynamiques.
Selon l’endroit où il se situe (superficiel, profond, viscéral), la composition d’un fascia varie. Ainsi, le tissu d’un fascia pourra être soit plus stable, soit plus élastique.
La peau était considérée comme le plus grand organe sensoriel du corps humain. Aujourd’hui, c’est une fonction est aussi attribuée aux fascias. Ils ont de très nombreux récepteurs et leur rôle dans la transmission d’informations au système nerveux central est fondamental.
Les différents types de récepteurs :
– Les nocicepteurs : ils distinguent les dommages au niveau des tissus (potentiels ou réels) et transmettent la douleur au cerveau ;
– Les propriocepteurs : ils permettent de coordonner les mouvements et les positions du corps, de façon consciente et inconsciente ;
– Les mécanorécepteurs : ils font ressentir certains stimuli comme la pression, la vibration ;
– Les chimiorécepteurs : ils détectent les changements d’un point de vue biochimique, par exemple, lorsqu’il y a une inflammation ;
– Les thermorécepteurs : comme leur nom l’indique, ils sont chargés de ressentir les changements de température dans un tissu du corps
Au-delà de ce rôle essentiel de récepteur, les fascias ont également un rôle de mémoire émotionnelle. Ils peuvent garder en mémoire des expériences traumatiques et se modifier en réaction. Par exemple, ils peuvent se coller et se raccourcir. Un stress psychique permanent, rendra le tissu des fascias plus rigide, entrainant une modification dans le mauvais sens de la mobilité du corps et des articulations.

Qu’est ce qui fait souffrir les fascias ?
Le manque de mouvement entraîne des changements pathologiques au niveau des fascias. Ils peuvent devenir collants et durcir.
Les personnes sédentaires ressentiront les modifications des tissus au fil du temps sous la forme de douleurs diverses (cou, épaules, dos…)
La douleur modifie la posture pour trouver un soulagement, ce qui aggrave encore un peu plus la situation. En effet, le changement de posture entraîne une surcharge au niveau des fascias à un autre endroit et cela se manifeste par d’autres douleurs. (Cercle vicieux)
Le stress prolongé
Il craie de la tension au niveau des fascias. (Études du Dr Robert Schleip, spécialiste du domaine). Dans les situations de stress, le corps libère des hormones spéciales qui lui permettent de s’adapter à la nouvelle situation. Ces hormones provoquent une tension des fascias sans que les muscles soient impliqués dans ce processus. Dès que le stress est passé, les fascias se détendent à nouveau.
Toutefois, lorsque le stress est persistant (stress chronique), les fascias restent tendus en permanence. Ils finissent par perdre leur souplesse et durcir.
Une activité sportive trop importante
Elle est liée à une mauvaise posture peut aussi entrainer des lésions au niveau des fascias. Par exemple, un étirement excessif et brutal peut entraîner une atteinte au niveau des fibres collagènes du fascia comme des micros fissures qui déclenchent de petits processus inflammatoires. Cependant, ce type de blessure guérit en général assez rapidement. La situation est différente lorsque l’on parle d’un muscle dont certaines fibres musculaires peuvent avoir été déchirées suite à de mauvais étirements ou un mouvement trop brusque. Elles sont plus longues à guérir.
Les troubles de la circulation sanguine et de la lymphe
Ils entrainent une moins bonne irrigation des tissus conjonctifs (fascias). D’une part, une quantité insuffisante de nutriments et de fluides arrivent aux fascias, et d’autre part, il y a une accumulation de toxines. Cela contribue à abimer le tissu conjonctif.
L’alimentation et les liquides
Ils contribuent au bon équilibre acido-basique des fascias. Un déséquilibre alimentaire et un manque d’eau a donc un effet négatif sur vos tissus.
Les traumatismes psychiques, le manque de sommeil et certaines maladies
Ces éléments peuvent aussi avoir un effet nocif sur les fascias.
Les conséquences d’un fascia qui manque de souplesse, qui a durci où qui adhère.
Les fascias en causes dans les douleurs sont généralement des fascias musculaires. On utilise aussi le terme de « myofascial ».
« myo » – les muscles – et de « fascias » – les tissus conjonctifs.
Les douleurs dans cette région sont désignées sous le terme de douleurs myofasciales.
Les organes sont aussi enveloppés par des fascias. Ceux-ci peuvent par ailleurs causer des douleurs. C’est de pourquoi, l’intestin peut aussi être à l’origine de maux de dos ou même de douleurs dans l’épaule via ses suspensions fasciales.
Lorsqu’ils ont adhéré, ou qu’ils forment des nœuds, on peut voir deux conséquences :
– La perte de leur traction et de leur flexibilité. Cela limite considérablement la mobilité des fibres musculaires touchées.
– Les nerfs qui traversent cette zone de tissu peuvent être comprimés, ce qui peut entraîner une douleur intense.
Prendre soin de ses fascias
Pour limiter les risques de perte d’élasticité et de souplesse des fascias, il faut les mettre en mouvement. Pour cela, la pratique du Pilates ou du Yoga est un moyen très intéressant.
Pilates et les fascias

Le Pilates est une méthode d’exercice qui repose sur plusieurs principes fondamentaux qui, réalisés ensemble, visent à renforcer et à étirer l’ensemble des muscles profonds du corps et donc, les fascias.
La respiration
C’est un élément essentiel du Pilates, car elle favorise l’oxygénation des muscles et des fascias. En pratiquant une respiration profonde et consciente, vous aidez à détendre les fascias, améliorant ainsi leur élasticité et leur capacité à soutenir les muscles et les articulations. De plus, une bonne respiration contribue à une meilleure circulation sanguine, ce qui nourrit et régénère les fascias.
La concentration
Elle fait partie de chaque mouvement de la méthode et cela favorise la prise de conscience de la façon dont les fascias travaillent et interagissent avec les muscles. Cette conscience corporelle aide à détecter et à corriger les déséquilibres et les tensions au niveau des fascias, ce qui améliore leur fonctionnement et réduit le risque de blessure.
Le contrôle des mouvements
C’est un principe fondamental du Pilates. En réalisant chaque exercice avec précision et contrôle, vous apprenez à activer les muscles appropriés et à libérer les tensions inutiles. Cela permet d’éviter les contraintes excessives et de répartir la charge de manière plus uniforme sur l’ensemble du corps.
Le Pilates fait appel à la fluidité des mouvements.
Ce principe est particulièrement bénéfique pour les fascias. En évitant les mouvements saccadés et en privilégiant la fluidité, vous encouragez la souplesse et l’élasticité des fascias, permettant ainsi une plus grande liberté de mouvement et une meilleure coordination.
L’alignement de la posture
C’est un autre aspect essentiel du Pilates. En travaillant sur l’allongement de la colonne vertébrale, des épaules et du bassin, vous contribuez à équilibrer les forces exercées sur les fascias et à réduire les tensions et les déséquilibres qui peuvent entraîner des douleurs et des raideurs.
Pour résumer
Les principes de la méthode Pilates aident et améliorent la santé des fascias en favorisant la détente, l’élasticité, la mobilité, l’alignement et la prise de conscience corporelle. En intégrant ces principes dans votre pratique régulière du Pilates, vous pourrez ressentir les effets bénéfiques sur vos fascias et votre bien-être global.
Exemple d’exercice qui participe à l’amélioration de la santé des fascias :
Le roulement de la colonne vertébrale (Roll Up) : Cet exercice consiste à rouler lentement la colonne vertébrale vers le haut et le bas, en étirant et en mobilisant les fascias qui entourent les muscles du tronc.
Le Pilates pour les fascias peut :
- Diminuer, voir supprimer les tensions et adhérences.
- Réduire et prévenir les douleurs liées aux tensions.
- En améliorant la régénération des tissus, il y a une réduction des sensations de douleur musculaire.
- Gérer et réduire son stress.
- En association avec d’autres exercices comme le renforcement musculaire, vous améliorez durablement votre mobilité.
Le massage myofascial
L’objectif du massage myofascial est de travailler sur les zones dites « raides » en exerçant une pression qui peut être plus ou moins ferme. L’automassage et les exercices d’étirement libèrent les mouvements restreints, ce qui réduit la douleur.
Si le travail du Kiné peut être nécessaire, vous avez aussi des possibilités grâce à l’automassage de réduire les tensions et par résonance, la douleur.
Dans la méthode Pilates, certains exercices sont réalisés avec un « rouleau » et allient l’automassage et le travail de renforcement des muscles profonds.

Effets sur les corps :
- Meilleure circulation sanguine et lymphatique
- Décalcification des tissus
- Régulation du système nerveux, et donc moins de stress
- Amélioration de la mobilité
- Moins de tensions musculaires
- Récupération plus rapide
- Amélioration des performances
- Réduction de la vulnérabilité aux blessures
